Tribune de Laurent Grandguillaume au Nouvel Obs Le Plus

À 38 ans, j’ai décidé de me retirer de la vie politique et de ne pas me représenter aux élections législatives de juin 2017.

Il ne s’agit pas de déception ou d’écœurement, comme cela peut être le cas pour certains de mes collègues : j’ai simplement envie de passer à autre chose. La première fois que j’ai été élu en 2008, comme adjoint à la mairie de Dijon, je disais déjà que je ne concevais pas un mandat comme une finalité en soi.

 

En formation continue en parallèle de mon mandat

 

En 2017, cela fera près de 10 ans que je fais de la politique, or je n’ai pas envie de dépendre de celle-ci et d’en faire un métier.

Avant l’été, j’ai donc expliqué mon choix au président de la République, ainsi qu’au Premier ministre, puis je me suis inscrit en master 2 Management, organisations et ressources humaines au Celsa. Depuis le mois de septembre, je suis donc en formation continue, comme des millions de Français le font chaque année, en parallèle de mon travail de député.

Je n’ai pas encore déterminé ce que j’allais exactement faire après, mais l’idée serait de rester dans la continuité du poste de conseiller en formation, que j’occupais avant la politique, et de pouvoir accompagner les mutations d’organisations, qu’elles soient privées ou publiques.

Je continuerai toutefois à m’engager sur le plan politique, au sens de vie de la cité. J’ai en effet créé une association nationale il y a trois semaines, Territoires Zéro chômeur de longue durée, qui va avoir vocation à préparer l’expérimentation de la loi portant le même nom, projet d’ATD Quart-Monde que j’ai défendu.

 

Nos divisions n’ont pas facilité les transformations

 

Je reste adhérent au Parti socialiste et ne ressens pas, contrairement à certains confrères, une ambiance totale de désenchantement.

Il y a bien sûr des choses que j’aurais aimé que l’on fasse différemment, comme aller plus loin sur la régulation de la finance, les innovations sociales, la question du pouvoir d’achat… Mais nos divisions n’ont pas aidé à faciliter les transformations, et il est vrai qu’elles ont pu peser dans les discussions. À gauche, nous avons une capacité assez forte à nous tirer des balles dans les pieds.

Je pense également que nous n’avons pas été capables de valoriser des mesures positives, n’avons pas fait assez de pédagogie sur les textes votés, ce qui a pu donner une accumulation de dispositifs avec une perte de sens. Mais la responsabilité est collective, et n’impute pas uniquement à François Hollande.

Je n’ai pas peur d’une « bérézina » pour la gauche aux prochaines élections, même si le contexte est devenu beaucoup plus complexe. Pour ma part, je soutiendrai Manuel Valls à la primaire, mais s’il n’est pas élu, je défendrai le candidat désigné, car je pense que le rassemblement dépend de la capacité de chacun à dépasser ses divergences.

 

Mettre fin au cumul des mandats

L’exercice du pouvoir est difficile, dans un climat de défiance vis-à-vis de la classe politique, qui ne s’appuie sans doute pas assez sur la société civile. Et le cumul des mandats peut participer pour beaucoup à cette méfiance. Il faudrait le réformer pour le limiter dans le temps, et même plus, tirer au sort une partie des effectifs des assemblées délibérantes parmi les électeurs inscrits sur les listes électorales.

La politique, c’est un engagement au service de l’intérêt général qui nous concerne tous, mais pas une carrière ni un métier à vie.

 

 

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